On croque des insectes?

On croque des insectes?

L'ÉTÉ CROQUE INSECTES À L'INSECTARIUM DE MONTRÉAL 2017 

CÉLÉBRER LES BIENFAITS DE LA NATURE

L'alimentation est au coeur des préoccupations de notre société. Nous questionnons nos habitudes alimentaires, vérifions la provenance de nos aliments, nous nous préoccupons de l'empreinte écologique de nos choix, et de la valeur nutritive de nos aliments. Où se situe la consommation d'insectes dans ce gigantesque portrait de l'alimentation humaine?  Entre végétaliens et carnivores, à quelle adresse loge l'entomophage?  Se situe-t-il au même endroit, qu'il provienne d'Amérique ou d'Asie? La culture teinte t-elle le portrait qu'on en a et ses pratiques? En quoi l'entomophagie représente-t-elle une solution alimentaire ?  Quels en sont les enjeux, les défis (approvisionnement, qualité, barrières culturelles, etc.), les voies d'avenir? Voici les questions que soulève l’Insectarium de Montréal dans le cadre de l’été Croque-insectes. Ce sera le moment de réfléchir à notre place dans la nature, mais aussi de renouer avec une activité festive prisée par les visiteurs d’Espace pour la vie. Les Amis de l’Insectarium sont curieux de cette tendance qu’est l’entomophagie et désirent découvrir les individus et les groupes qui contribuent de près ou de loin à son effervescence.  


On croque des insectes?

MISSION : DÉCOUVRIR, IMAGINER & FAVORISER LA CULTURE ENTOMOPHAGIQUE

Le projet “On croque des insectes” est conçu dans une approche collaborative centrée sur les parties prenantes du domaine entomophagique. Trois grandes phases le constitue, soit la découverte, l’imagination et la favorisation. Effectuer un changement de paradigme et contrer un frein culturel est un travail de longue haleine et doit être planifié en conséquence; c’est pourquoi le projet On croque des insectes? est subdivisé en grandes phases. Celles-ci ont chacune une raison d’être et contribuent à la globalité du projet.

LA COLLABORATION AU COEUR DE LA DÉMARCHE

Réunir en quatre grands pôles les individus et les organisations du domaine entomophagique ne tient pas du pur hasard car nous avons la conviction que les uns peuvent aider les autres et vice et versa. Le dialogue et les échanges sont les clés du succès du projet “On croque des insectes”. Les deux grandes catégories représentant les experts sont les acteurs commerciaux du domaine entomophagique, parmi lesquels se trouvent les entrepreneurs, et les communautés culturelles qui consomment des insectes. Les deux catégories représentant les néophytes sont les citoyens et le milieu scolaire.

1.DÉCOUVRONS ...PARCE QUE NOUS SOMMES CURIEUX! 

La première phase est celle de la découverte car nous sommes persuadés qu’il y a tant à dénicher et à exposer. Cette étape d’ouverture et de concertation permettra de récolter des données importantes provenant de chacun des groupes. Le but est de récolter le maximum de données sur le milieu actuel et de les partager au bénéfice de tous. Les Amis comprennent très bien que les problèmes qui affectent le bien-être des individus sont de natures diverses et qu’il faut cerner la culture, les contextes, les expériences personnelles et les processus à l’oeuvre dans la vie des individus pour acquérir une vision plus complète afin de mieux identifier les freins à la consommation d’insectes.

1.1. LES ACTEURS COMMERCIAUX

- Donner un espace-vitrine aux acteurs commerciaux qui pratiquent et qui développent l’entomophagie.

- Réunir les compagnies et organismes et fournir un espace physique pour la promotion de leurs produits.

1.2. LES CITOYENS DE MERCIER-HOCHELAGA-MAISONNEUVE

- Développer une attitude plus positive par rapport aux insectes et à la possibilité de les consommer (pour démystifier, pour sensibiliser).

- Proposer une série de rencontres avec les entrepreneurs et ambassadeurs des communautés culturelles.

1.3. LES COMMUNAUTÉS CULTURELLES

- Aborder l’aspect culturel et faire prendre conscience que dans plusieurs pays l’entomophagie représente une manière de vivre.

- Interviewer des individus et des familles pour exprimer leurs pratiques culturelles.

1.4. LE MILIEU SCOLAIRE

- Acquérir une attitude plus favorable par rapport aux insectes et au fait de s’en alimenter (pour démystifier, pour sensibiliser).

- Promulguer la tenue de réunions avec les entrepreneurs et ambassadeurs des communautés culturelles.

2.IMAGINONS ...PARCE QUE NOUS AVONS UN INTÉRÊT!

La deuxième phase est celle de l’imagination collective. Le dicton “Rien ne sert de courir; il faut partir à point” s’apprête bien à cette étape car nous voulons prendre le temps d’innover la culture entomophagique sous un angle de réseau consolidé. Chaque partie est en interrelation avec les autres. Experts et novices se rencontrent au point central et tous peuvent y contribuer.

2.1. LES ACTEURS COMMERCIAUX

- Imaginer un modèle de développement à long terme pour les entrepreneurs de façon efficiente et en faire la promotion à travers les différentes plateformes gouvernementales.

2.2. LES CITOYENS D’HOCHELAGA

- Concevoir et offrir un circuit de soirées de dégustation adapté à une formule de vente à domicile.

2.3. LES COMMUNAUTÉS CULTURELLES

- Assurer le développement professionnel continu des ambassadeurs afin d’offrir un soutien en constante évolution. Concevoir des outils de vulgarisation. (Ex. Livre de recette).

- Conception de produits alimentaires culturels destinés pour la vente.

2.4. LE MILIEU SCOLAIRE

- Innover, accroître la visibilité et acquérir plus de notoriété par la qualité des outils d’éducation.

3.FAVORISONS ...PARCE QUE NOUS VOULONS Y CONTRIBUER!

La troisième phase et non la moindre est celle de la concrétisation des idées et des rêves collectifs. Grâce aux outils et aux moyens dont chacune des parties s’est munie, l’étape de la réalisation est fin prête à être abordée. 

3.1. LES ACTEURS COMMERCIAUX

- Développer et entretenir des relations avec les différentes organisations gouvernementales ayant à cœur la promotion et le développement de la culture entomophagique.

3.2. LES CITOYENS DE MERCIER-HOCHELAGA-MAISONNEUVE

- Promouvoir, à l’échelle provinciale, le développement des soirées entomophagiques en misant sur une étroite collaboration entre les ambassadeurs du quartier Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, les organisateurs et les officiels.

3.3. LES COMMUNAUTÉS CULTURELLES

- Maintenir la solidité des liens développés avec les communautés culturelles.

3.4. LE MILIEU SCOLAIRE

- Produire des outils adaptés pour le milieu scolaire.



« Des milliers de résidents du quartier vivent dans des zones mal desservies par les commerces en alimentation, notamment dans les secteurs défavorisés du sud-ouest et du nord-est d’Hochelaga-Maisonneuve »*

Selon la FAO (l'agence des nations unies pour l'agriculture et l'alimentation) on compte plus de 90 pays dans lesquels il est courant de manger des insectes au quotidien : criquets, larves, coléoptères ... plus de 1400 espèces sont dégustées dans 80 % des pays en voie de développement.

La consommation d'insectes possède un triple avantage :

- Les insectes ont d'excellentes qualités nutritionnelles. Bourrés de protéines, ils procurent un bon apport de calories et renferment vitamines et minéraux;

- Le risque sanitaire est très limité;

- L'élevage d'insectes est durable.

Le projet vise à éveiller la population locale à des opportunités intéressantes pour leur santé (contenu élevé en protéines) et à des activités stimulantes d’élevage et de cuisine que les habitants peuvent par la suite eux-mêmes mettre en place avec le soutien des personnes familières avec l’entomophagie.

Le projet permettra aussi de développer des liens entre les différentes cultures présentes dans le quartier en mettant en présence des familles provenant de pays où ce type d’alimentation fait partie du quotidien. Éventuellement, un réseau social se créera et se consolidera, critère important pour développer des communautés viables**.

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**© Le Groupe de travail sur les musées et les communautés viables - Avril 2004

 



LES AMIS DE L'INSECTARIUM - AGITATEUR SOCIAL

La Société des Amis de l’Insectarium, fondée en 1991, promeut et partage depuis plus de 25 ans la vision éthique et responsable d’Espace pour la vie en jouant le rôle d’un relais accompagnant l’être humain dans sa relation avec la nature. Chaque année, les Amis se déploient au travers du Canada pour présenter des expositions itinérantes (64 placements) et une programmation culturelle annuelle. Grâce à cette programmation, les Amis traitent de différentes thématiques en relation avec les insectes par une approche artistique, une approche historique, une approche d’ingénierie/informatique ainsi qu’une approche culturelle de la nutrition.



CHAQUE RÉSIDENT AMBASSADEUR EST UN PIVOT IMPORTANT

Grâce au projet On croque des insectes?, les Amis de l’Insectarium de Montréal désirent contribuer à la consolidation des tissus sociaux du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Les participants citoyens auront une opportunité de découvrir le monde fascinant des produits entomophagiques et de consommer cette nourriture alternative riche en nutriments et protéines. Cette idée se veut être également une solution pour contrer le frein à la consommation d’insectes en mettant en lumière l’aspect culturel et ethnique, soit un pilier central pour encourager le développement de ce comportement habituel dans d’autres sociétés. Ainsi, il y aura une valorisation des communautés ethniques et culturelles du quartier qui incorporent cette nourriture, ce qui aura par conséquent la création d’un maillage entre tous les résidents. Par la suite, en soutenant ces groupes, il y aura l’implantation de nouvelles technologies alimentaires. Des principes d’autonomisation (« empowerment ») pourront s’appliquer dans ce contexte.



'' LE FACTEUR YUK '' LE FREIN CULTUREL

L’ensemble du projet est basé sur une volonté de découvrir cette tendance. Il faudra dénicher des individus qui démontrent un réel investissement. De plus, chaque phase repose sur la réussite de la précédente, ce qui accroît les probabilités de risque d’échec. Néanmoins, la patience est un atout pour les Amis. Depuis plus de 25 ans, nous sommes confrontés à ce facteur de dégoût et nous savons que celui-ci n’est uniquement de passage. S’il le faut, nous sommes prêts à étirer les périodes consacrées aux phases et à entrelacer celles-ci.

 
 



Puisque notre projet encourage la mobilisation citoyenne et sucite l’engagement auprès des différentes parties, nous devons nous munir d’une ligne directrice concernant nos communications. D’une approche bidirectionnelle, nous allons susciter l’intérêt, d’une part, en centralisant les messages via notre site internet et d’autres part, en utilisant différentes plateformes de réseaux sociaux.

Cette stratégie sera constituée de supports dynamiques tels que la création de capsules vidéos diffusant des vox pops, des interviews et un format documentaire. Les Amis, curieux de nature, s’improvisent journaliste en herbe afin de recueillir les opinions et les points de vue et de les partager via notre réseau.


*** Les photos ont été prises lors de notre première dégustation le 22 mars dernier. Les bouchées étaient préparées par Erik Ayala-Bribiesca. Nous avons eu la chance de goûter de délicieux brownies et smoothies à la farine de grillons.


Noémie La Rue Lapierre

Directrice générale

Linda Liboiron

Consultante et formatrice, services aux publics, gestion des musées

L' Est Innove en chiffres

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